Rencontre : Scott Oster

Portrait | 10 SEPTEMBRE 2018

RENCONTRE AVEC SCOTT OSTER, ARCHITECTE ET SKATEBOARDER

Lorsque Scott Oster pose le pied à l’âge de 7 ans sur une planche de skate, c’est une vocation qui se déclare. Entre les plages de Santa Monica et de Venice Beach, il apprend à surfer et à skater en observant les as de Dogtown. S’entraînant dans les skate parks et les piscines vides, il devient en compagnie des Z-boys, son crew*, l’une des légendes de la culture de la glisse moderne.


Désormais DJ, curateur, designer et architecte, il crée l’évènement pour l’exposition Los Angeles Rive Gauche en imaginant une rampe de skate en forme de cube réfléchissant. Baptisée « Le Cube », la structure semble suspendue en apesanteur au-dessus du rez-de-chaussée et réfracte les lumières du magasin, tandis que des skateurs professionnels y réalisent des démonstrations les mercredis et samedis.


*son équipe

Comment a débuté votre carrière de skateur ?


En 1985, j’allais souvent faire du skate à Venice avec un de mes amis, Kelly Jackson, qui skatait pour Dog Town. À l’époque, Dog Town se remettait tout juste d’une période de forte baisse de popularité de la discipline au début des années 80. Kelly m’a présenté à Jim Muir, propriétaire et membre initial du Zephyr Team, la légendaire équipe qui avait tant innové dans la pratique du skateboard. C’était quelqu’un que j’admirais quand j’étais gamin. On a discuté, il m’a vu à l’œuvre, et il m’a demandé si ça m’intéressait de skater pour Dog Town. J’avais 15 ans à l’époque et j’étais vraiment honoré de faire partie de l’équipe de Dog Town – tous les gars que j’admirais et que j’essayais d’imiter quand j’étais petit avaient soit débuté dans le Zephyr Team, soit fait partie de l’équipe de Dog Town dans les années 70.


Ma carrière de skateur professionnel a duré jusque fin 1991. Le skateboard avait alors pris une direction différente : je pratiquais le surf-skate, et ce style n’était plus trop à la mode. Une approche plus technique, à laquelle mes aptitudes ne correspondaient pas, lui avait succédé. J’ai essayé de me maintenir au niveau, mais lorsque j’ai vu que des gamins savaient réaliser des figures que j’apprenais seulement à faire, et qu’ils les faisaient à l’envers (en switch) ou les complexifiaient et les allongeaient, j’ai compris que j’avais fait mon temps à ce niveau.

Les 3 qualités pour être un bon skateur ?


Pour être un bon skateur, les trois qualités les plus importantes sont avant tout le style, puis la vitesse et la puissance. J’ajouterais deux autres qualités : la force de caractère et la détermination dont on a besoin pour se relever, encore et encore, pour apprendre à faire une figure ou la réaliser.

Quelles ont été vos principales sources d'inspiration pour créer « Le Cube », installation exclusive pour Le Bon Marché Rive Gauche ?


J’ai été inspiré par les photos que j’avais vues quand j’étais gamin dans les magazines de skate des années 70 et qui représentaient ces full-pipes en béton monumentaux installés dans le désert. Au départ, j’avais dans l’idée de trouver l’un de ces pipes et de le monter sur un socle, mais après avoir étudié la question, il s’est avéré que ce n’était pas réalisable au Bon Marché. C’est là que j’ai eu l’idée d’en construire un, et au lieu de le poser sur un socle, de créer un cube à l’intérieur duquel le placer. J’aime la simplicité et la forme d’un cercle et d’un carré. Pour ajouter une dimension encore plus impressionnante à l'ensemble, le socle est constitué de miroirs réfléchissants qui reflètent l'architecture mythique du Bon Marché et donnent l'impression que le skate park flotte dans les airs.

Qu'avez-vous le plus apprécié dans votre collaboration avec Le Bon Marché Rive Gauche ?


Ce que j’ai le plus apprécié dans ma collaboration avec Le Bon Marché, c’est son engagement dans le domaine des arts, l’attention portée aux détails et que le magasin fasse en sorte que chaque projet soit le plus authentique possible.


En quoi Paris est-elle différente de Los Angeles ?


Je trouve que Paris est une ville qui a une histoire bien plus riche, qui est bien plus glamour et romantique. Et quand je regarde les Parisiens dans la rue, je trouve qu’ils sont naturellement plus stylés, quelle que soit la génération, et plus particulièrement les femmes.

DÉCOUVREZ « LE CUBE », UNE CRÉATION ORIGINALE DE SCOTT OSTER