Sophie Fontanel : clic !

Portrait | 19 OCT 2017

#saycheeeeeese

Ici et là au Bon Marché… Sophie Fontanel se promène. Elle écrit aussi. Son amour pour la mode, son amour pour le style; il est jubilatoire, poétique, tendrement incontrôlable, et se savoure au quotidien au fil de son Instagram® planétaire. Elle explore, teste, réinvente les beautés et les petits bonheurs décalés. Elle a les élégances des plus grandes joueuses. Transe et danse du selfie, en liberté, au Bon Marché. Suivez son irrésistible regard. Comprenez : #saycheeeeese!

Quand on vous a proposé de jouer aux millenials, vous avez tout de suite accepté. Qu’est-ce qui vous plaît chez eux ?


Ce que j’aime, c’est le lien entre la jeunesse d’aujourd’hui et moi. Ces gamins me galvanisent, j’aime leur façon de s’inventer. J’aime leur énergie. Et pour les remercier d’être cette force, je leur apporte quelque chose en retour. Je leur démontre (enfin, j’essaie !) que vieillir n’est pas une pente, mais plutôt un élan. Si on veut que ces jeunes ne se désenchantent pas, il faut leur prouver que le chemin vaut le coup. Que toutes les étapes du chemin sont passionnantes. J’incarne ça, je crois. C’est ce qu’ils me disent.


Millenials aux cheveux blancs… C’est-à-dire…?


Je crois qu’il faut, et qu’on peut, garder toute sa vie un esprit gamin, même quand la maturité vous apporte une sorte d’hyper lucidité.
Quand j’ai arrêté les teintures, ce n’était pas pour assumer mon âge, c’était pour montrer qu’il y a une juvénilité, une douceur, une nouveauté, une modernité même, dans ce blanc des cheveux. On a des atouts, à mon âge. Je trouve qu’il y a une nouvelle intrépidité à oser en vieillissant.
J’ai gagné en liberté. Ce n’est pas vrai que la vie vous range dans une boîte. Ou disons qu’il ne tient qu’à vous d’en sortir, souvent.

Vous dites que vous êtes une obsessionnelle du vêtement, ça veut dire quoi ?


Quand je ne crois plus à rien, j’ai encore envie d’être élégante, d’avoir de l’allure. C’est comme un repère. Quand j’étais jeune, je me disais que ça valait le coup de vieillir si c’était pour devenir de plus en plus raffinée, comme certaines femmes que je voyais autour de moi. Je travaille dans la mode par vocation, vraiment. Deux couleurs qui vont bien ensemble me donnent foi en l’humanité. Et j’ai compris la beauté de cette obsession : pour avoir les habits parfaits, il faut en acheter beaucoup, avoir fait beaucoup d’erreurs et de trouvailles. Ce n’est pas une question d’argent, ça peut être un tee-shirt, une fripe aussi bien qu’une chose onéreuse. C’est le fruit d’une quête. D’un amour, en fait.


D’ailleurs, vous êtes plutôt escarpins ou baskets ?


À mon âge, les chaussures sont capitales. Il faut que ce soit confortable, j’ai appris que bien marcher aide à bien penser. Mais il faut aussi, escarpins ou baskets (j’achète les deux indifféremment) que ça ait un vrai style, que ce soit un peu un « statement ». J’aime les bottines blanches, par exemple. On peut se rajeunir ou se plomber rien que par une paire de chaussures !


Vous êtes aussi une inconditionnelle du Bon Marché. Quel y est votre endroit préféré ?


Les draps et la lingerie. Le luxe commence par ce qu’on porte dans l’intimité. J’aime aussi l’escalator central, il est comme une promesse. Et d’un chic !

Quand j’étais jeune, je me disais que ça valait le coup de vieillir si c’était pour devenir de plus en plus raffinée, comme certaines femmes que je voyais autour de moi.

Ici et là au Bon Marché !